

Image 1 sur 3
· XXe siècle
| Époque / Période | XXe siècle |
|---|
Le Témoin silencieux
Certains gestes se passent de traduction. Une main portée à la bouche peut dire la surprise, la peur, l’émerveillement ou la promesse de se taire, et cette figure lève les deux.
La pose est étrangement humaine. Le primate est assis bien droit, les genoux relevés, les coudes posés dessus, tout le corps replié autour de ce seul geste : se couvrir la bouche. Pourtant, la bouche elle-même reste ouverte derrière les mains, comme si le cri s’était déjà échappé.
L’idée du singe qui ne voit, n’entend et ne dit aucun mal se retrouve dans bien des cultures, et il est tentant d’y penser ici. Quelle qu’ait été l’intention de l’artiste, la figure nous invite à nous demander de quoi elle a été témoin.
En dessous, un haut panneau de spirales descend sur le devant du vase comme une étoffe de cérémonie. Les anneaux des membres et le soin apporté aux doigts et aux orteils révèlent la main patiente de son auteur.
Vase globulaire sur pied surmonté d’un primate assis, les deux mains levées vers sa large bouche ouverte. La tête est couronnée de pastilles arrondies et encadrée d’oreilles rayonnantes en éventail.
Les longs membres sont cerclés d’anneaux aux poignets et aux chevilles. Sur le devant du corps, sous les pieds de la figure, un haut panneau est rempli de spirales et bordé d’argile crantée. Des traces de pigment blanc et bleu subsistent en surface.