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Les mains aux joues, vase de style mangbetu, de face

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Les mains aux joues, vase de style mangbetu

Mangbetu · XXe siècle

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Détails

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DimensionsHauteur 41 cm (16⅛ in)
PaysRépublique démocratique du Congo
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L’Uele, rivière et région du nord-est de la République démocratique du Congo, est la terre des Mangbetu et de leurs voisins, les Azande. La ville de Niangara, sur l’Uele, fut un grand centre de poterie figurative au début du XXe siècle.

Tribu / CultureMangbetu
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Les Mangbetu sont un peuple du nord-est de la République démocratique du Congo, établi le long de l’Uele après avoir migré vers le sud depuis la région de l’actuel Soudan au XIXe siècle. On se souvient d’eux avant tout pour leurs cours : dans la seconde moitié du XIXe siècle, les rois mangbetu régnaient depuis de grandes salles de réception, entourés de musiciens, d’artisans et d’épouses de haut rang.

À la cour mangbetu, l’art était un instrument de prestige. Les souverains commandaient des harpes sculptées, des cors en ivoire, des manches de couteau, des boîtes en écorce et, à partir de la fin du XIXe siècle, des vases en céramique couronnés de têtes humaines. Les peuples voisins, notamment les Azande et les Barambo, partageaient et échangeaient ces techniques, si bien que le style que l’on dit « mangbetu » est en vérité un style de cour régional.

Ces vases figurent un même idéal : la tête allongée de l’élite mangbetu, couronnée d’un halo de cheveux évasé. On bandait doucement la tête des nourrissons avec une fine cordelette tressée ou du raphia ; cette pratique, appelée lipombo, signalait la beauté, la distinction et le haut rang, et elle était surtout admirée chez les femmes de familles nobles. Les femmes de rang relevaient leur chevelure sur une armature de jonc en un éventail ou un halo incliné vers l’arrière — sur les vases, cette coiffure devient l’embouchure de la jarre.

Scarifications, motifs peints et colliers de perles ou de cordelettes apparaissent sur l’argile en fines lignes incisées, en points en relief et en anneaux appliqués, et les pigments rouges, blancs et noirs rappellent les peintures corporelles portées à la cour.

Époque / PériodeXXe siècle
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Le vase figuratif fut une invention brève et brillante : il s’épanouit des années 1890 aux années 1920 et fut encore produit en plus petit nombre jusqu’au milieu du XXe siècle.

Ces vases appartinrent d’abord à l’élite. Chefs et rois les commandaient pour leurs cours, où ils auraient contenu le vin de palme lors des réceptions et des cérémonies. Ils étaient aussi offerts en présents diplomatiques aux dignitaires de passage et aux officiers coloniaux, renforçant le prestige du souverain qui les offrait.

À mesure que les visiteurs européens et américains atteignaient l’Uele, la demande grandit. Les potiers se mirent à façonner des vases pour les voyageurs, les marchands et les administrateurs. En 1914, le mammalogiste Herbert Lang, qui photographia la cour du roi Okondo et rassembla des vases autour de Niangara, qualifia cette production d’« art pottery » (poterie d’art), un terme qui en saisit la double nature : enracinée dans la tradition locale, mais façonnée par un public nouveau et plus large.

Les vases voyagèrent loin, et ils comptent toujours parmi les œuvres les plus reconnues de l’art d’Afrique centrale.

Symbolique et iconographie

— Le plus petit des vases mangbetu de la galerie, avec 41 cm

— Les deux mains aux joues, souriant de ses dents sculptées

— Pendentif en forme de plume sur la poitrine

— Couronne ajourée et pied tressé

Analyse esthétique et formelle

Le plus petit des vases mangbetu de la galerie porte l’expression la plus audacieuse. Les deux mains sont pressées contre les joues, les yeux sont clos, et la bouche s’ouvre largement sur une double rangée de dents sculptées — un visage saisi entre le rire et l’émerveillement.

Le vase rayonne d’une argile orange vif, et chaque surface est travaillée avec précision. Le haut du corps repose comme une seconde jarre sur le globe principal, divisé par des lignes incisées en petits panneaux. Sur la poitrine pend un long pendentif en forme de plume ou de feuille, dont les nervures sont tracées une à une. Un collier côtelé marque la jonction entre le buste et le globe.

Derrière les bras, deux blocs dressés s’élèvent des épaules, chacun percé au sommet. Ils encadrent la figure comme les montants d’un trône et ont peut-être porté autrefois d’autres ornements ou des cordelettes.

La couronne est une prouesse : un haut tambour d’argile finement pointillée qui s’ouvre en un large bord évasé, percé de rangées de trous ovales. En dessous, le globe porte des panneaux flottants de pointillés en losanges, et le pied se termine par un bord tressé.

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